« Tu aimeras ton prochain comme toi-même. »
Dans cette phrase, on voit que le mot prochain est mis avant soi.
Mais j’ai besoin de le dire clairement — et je vais le répéter :
cela ne veut pas dire que le prochain est plus important que toi.
Oui, je le redis encore :
aimer son prochain ne signifie pas s’effacer soi-même.
La preuve, c’est la manière même dont cet amour est défini :
« Tu aimeras ton prochain comme toi-même. »
Autrement dit, la façon dont tu aimes l’autre est directement liée à la façon dont tu t’aimes toi.
Dans cette équation, la personne importante… c’est aussi toi.
À travers cet article, j’ai envie de parler à celles et ceux qui portent le fardeau des autres dans leur cœur.
Tu aimes prendre soin des autres.
Tu aimes subvenir aux besoins des autres.
Tu aimes être présent, consoler, écouter, conseiller.
Tu es cette personne qu’on appelle quand ça ne va pas.
Et c’est une très belle chose.
Dieu aime ce cœur rempli d’amour et de compassion.
Ce cœur qui te pousse parfois à t’oublier pour l’autre.
On nous a souvent fait croire que la plus grande dimension de l’amour, c’est le sacrifice total :
je m’oublie pour que l’autre aille bien. Oui, Dieu nous appelle à aimer comme ça.
Mais pas de manière malsaine. Il y a, dans cet appel à l’amour, une invitation à la sagesse, à l’intelligence, à la bonne gestion de ton cœur.
Le même Dieu qui te dit d’aimer ton prochain te dit aussi de t’aimer toi-même.
Il te dit aussi de garder ton cœur. Il te rappelle, d’une manière ou d’une autre, que tu ne dois pas t’oublier.
Parfois, il faut accepter une vérité difficile : tu n’es pas toujours en position d’aider les autres.
Et moi, j’ai eu énormément de mal avec ça. J’avais du mal à me dire :
« Cette fois-ci, c’est moi qui ai besoin d’aide, donc je ne peux pas aider les autres. »
MĂŞme dans ma peine, mĂŞme dans ma souffrance,
j’ai souvent voulu être une source de réconfort pour les autres, alors qu’à l’instant T, j’avais besoin qu’on prenne soin de moi. J'avais besoin de prendre soin de moi. Mais je ne l’ai pas fait. Pourquoi ? Parce que j’ai priorisé mes amis. Parce que j’ai priorisé ma famille.
Et attention : ce n’est pas toujours une mauvaise chose de mettre sa vie entre parenthèses pour aider quelqu’un.
Mais ça ne peut pas être ton mode de fonctionnement 24h/24, 7j/7.
Tu ne peux pas vivre en te disant que : ton bien-être n’est pas important, tes envies ne sont pas importantes, tes émotions ne sont pas importantes, ce que tu ressens n’est pas important, sous prétexte que tu dois toujours penser aux autres.
Alors je te pose une vraie question :
qui prend soin de toi ?
Qui prend soin de ton âme ?
Dieu est ton berger, oui.
Il prend soin de nous, il nous conduit, il nous restaure.
Mais toi, tu es responsable de ton corps, de ton âme, de ton esprit, de ta vie.
Tu ne peux pas toujours te dire :
je fais passer les autres, et moi je m’oublie.
Parce que comment aimer correctement ton prochain
si tu ne sais pas prendre soin de toi-mĂŞme ?
Qu’est-ce que tu transmets à l’autre ?
L’oubli de soi ?
L’effacement ?
L’idée que sa voix ne compte pas ? Non.
Sois d’abord juste avec toi-même.
Sois d’abord saine avec toi-même.
Il y a ce principe biblique que j’aime beaucoup :
tu aides quand tu as deux manteaux.
Si tu n’en as qu’un seul et que tu le donnes,
qu’est-ce qui va te couvrir ?
Aider ne doit pas te mettre dans une position d’inconfort permanent.
Et je sais que c’est dur à entendre.
Même pour moi, pendant que j’écris ces lignes.
On a grandi dans une culture oĂą aimer signifie se sacrifier pour les autres.
Oui, il y aura des sacrifices.
Mais ils doivent ĂŞtre ponctuels, pas constants.
Sinon, tu vas te sacrifier pour toute la terre entière…
sauf pour toi-mĂŞme.
Et le pire, c’est quand tu culpabilises lorsque tu prends soin de toi.
Quand tu dis :
Non, là je ne peux pas t’aider.
Non, lĂ je ne peux pas ĂŞtre celle que tu appelles.
Non, là je ne peux pas t’écouter pleurer.
Pourquoi cette culpabilité ?
Souvent parce que tu as appris que le véritable amour, c’est s’oublier pour l’autre.
Je le dis parfois en rigolant — mais c’est très sérieux :
je ne suis pas Jésus, je n’irai pas à la croix pour vous.
C’est piquant, oui.
Mais c’est une vérité.
Je ne suis pas Jésus.
Et pourtant, Dieu m’apprend à aimer.
Aimer comme Lui aime,
c’est aussi apprendre à se respecter,
Ă se choisir parfois,
Ă poser des limites.
Il y aura des moments oĂą tu devras te sacrifier.
Et il y aura d’autres moments où tu devras te choisir.
Face aux nombreuses demandes.
Face aux sollicitations constantes.
Nicolette, j’ai besoin de toi.
Nicolette, appelle-moi.
Nicolette, fais ça pour moi.
Parfois, j’ai dû dire non.
Ce n’est pas toujours bien pris, c’est vrai.
Les gens n’aiment pas toujours entendre non.
Mais avec le recul, certains te remercieront.
Ton non leur aura permis de découvrir qu’ils sont capables de gérer une situation seuls.
Ton non les aura poussés à dépendre davantage de Dieu.
Ton non leur aura rappelé que chacun porte ses propres défis.
Alors oui,
sois présent pour les autres.
Aime ton prochain.
Mais sans jamais t’oublier toi-même 🤍


