Parfois on regrette...
Parfois on regrette...
Nicolette MudiandamboNicolette Mudiandambo
, 19 octobre 2026
00:00
07:02

Il faut dire la vérité : ces mois d’absence m’ont aussi permis de mettre en lumière certaines choses pour lesquelles j’ai eu de profonds regrets. Je me suis dit : « Non, il faut que ça change. » Voici ce que j’ai regretté.

Ma vie spirituelle a pris un coup. Je pense que cette année, j’ai subi le contrecoup de beaucoup de combats que j’avais réduits au silence et qui ont fini par crier tous d’un coup. Au milieu de tous ces cris, de tout ce bruit et de toute cette fatigue — de tout ce que j’ai expliqué jusqu’ici — il y a une personne que j’ai délaissée. Pas totalement, mais je l’ai quand même délaissée : Dieu.

Oui, je servais toujours. Oui, j’avais toujours certaines habitudes, mais elles étaient devenues des rituels, alors qu’elles n’auraient pas dû l’être. Je ne sentais plus ma relation avec Dieu aussi profonde. J’étais sincère, mais elle manquait d’intentionnalité, de profondeur et d’authenticité. Il n’y avait peut-être pas un jour « sans Dieu », entre guillemets : je priais de manière automatique, je répondais présent à mon poste à l’église, etc. Mais je pense que ma relation avec Dieu avait pris un coup.

Je l’ai beaucoup regretté parce que je me suis dit que c’est peut-être cette relation qui m’aurait permis d’avoir un meilleur équilibre, de prendre une pause moins longue ou de prendre conscience de certains problèmes beaucoup plus tôt. Mais comme on ne vit pas dans les regrets, l’essentiel, comme je l’ai dit juste avant, c’est de revenir à Dieu, peu importe la manière.

Je m’étais oubliée depuis bien trop longtemps sans m’en rendre compte. J’ai passé près de deux ans à parler de prendre soin de son âme, de son corps et de son esprit, à encourager les gens à penser à eux. Eh bien, j’ai pensé à tout le monde, sauf à moi ! C’est le piège du cordonnier mal chaussé ou du médecin qui ne se soigne pas.

Avant de vous appliquer tout cela, il faut que je me l’applique à moi-même. Ce que j’ai partagé pendant tous ces mois, toutes ces années, autour du fait de prendre soin de soi était vraiment empreint d’années de reconstruction : un peu de thérapie, un peu de coaching, un peu de lectures personnelles et beaucoup d’expériences de vie. Dans un premier temps, je continuais à appliquer à ma propre vie ce que j’enseignais sur l’application et ce que je préconisais à mes amis et aux gens qui m’entourent.

Puis, à un moment, sans m’en rendre compte, j’ai arrêté. J’étais dans l’action, dans la productivité, dans le faire, dans la réponse aux exigences et aux sollicitations des autres. J’étais dans tout ça, sauf dans le fait de penser à moi. Ça a été un gros regret, parce que je me suis retrouvée dans un état où je ne me reconnaissais plus. Où était la Nicolette qui prenait plaisir à prendre soin d’elle ? Celle qui avait appris à maintenir un équilibre entre les différentes sphères de sa vie ? Celle qui arrivait à donner aux autres tout en prenant aussi sa part ?

J’ai eu quelques jours de tristesse en me rendant compte que je m’étais totalement oubliée. Mais, comme pour tout regret, on ne reste pas dans le regret. On se pose la question : qu’est-ce que je peux faire pour changer ça ?

 



Vous avoir laissés trop longtemps sans contenu sur l’application. Même si le plus important n’est ni la productivité ni le fait de publier pour publier, j’aurais préféré ne pas faire une pause aussi longue sur l’application et pouvoir continuer à vous proposer du contenu. La première année et la deuxième année n’ont pas été sans défis, et pourtant j’avais continué à publier et à être présente sur la plateforme. J’aurais aimé qu’il n’y ait pas ces quatre mois de pause et que, malgré les réajustements et les défis, je puisse rester présente.

Mais on revient à ce que j’ai dit dans les articles précédents : parfois, on ne peut pas s’occuper de toutes les sphères de sa vie avec la même intensité. Si j’étais restée présente et active, j’aurais sûrement proposé quelque chose de moins bon. Ou alors, j’aurais délégué à d’autres personnes d’une manière qui ne m’aurait pas ressemblé, en leur disant : « Tu peux gérer ça, tu peux faire ceci ou cela », simplement parce que je n’avais pas le temps et que j’étais occupée par d’autres gros chantiers.

Dans un premier temps, j’ai regretté cette absence. J’aurais profondément aimé que les choses se passent autrement. Avec du recul, je me dis que cette pause était sûrement nécessaire. Il faut accepter de ne pas toujours être opérationnel dans toutes les sphères de sa vie. Ça ne veut pas dire que vous valez moins, que vous avez échoué ou que vous êtes en retard. Ça veut dire qu’il fallait véritablement faire une pause. Et c’est OK.