4 mois loin d’ici : ce que cette pause m’a appris
4 mois loin d’ici : ce que cette pause m’a appris
Nicolette MudiandamboNicolette Mudiandambo
, 12 octobre 2026
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Ce que j’ai appris pendant ces quatre mois d’absence, ces mois que j’appelle des mois de restructuration, c’est que, premièrement, chaque sphère de notre vie mérite du temps et de l’intention. Mais il faut comprendre qu’il n’est pas possible d’accorder ce temps et cette intention à toutes les sphères de notre vie à la fois.

Qu’est-ce que ça veut dire ? Tu ne peux pas être à 100 % sur ton business, à 100 % sur ta vie de famille et à 100 % sur tes loisirs. Ce ne sont que trois exemples, tu peux en prendre d’autres. Tu comprendras que tu ne peux pas mettre la même énergie et la même intensité partout en même temps. Tu finiras par t’épuiser et, forcément, par négliger une sphère plus qu’une autre.

Il faut accepter de gérer plusieurs choses en même temps, parce que mettre une casquette en avant ne désactive pas les autres. Elles restent là, mais avec des pourcentages différents. Peut-être que ce sera 50 %, 25 % et 25 %. Une autre fois, ce sera 70 %, 20 % et 10 %. Tu peux t’occuper de plusieurs sphères à la fois, mais pas avec la même intensité. C’est là qu’il faut réellement demander à Dieu la sagesse de bien gérer : notre temps, nos finances, nos émotions, tout. Nous serons toujours appelés à gérer plusieurs choses en même temps, mais c’est Dieu qui me donne la capacité et la sagesse de bien gérer.



La deuxième chose que j’ai apprise, c’est que votre corps finira par dire tout haut ce que votre intérieur vous chuchote depuis bien trop longtemps. Tout ce qui est réduit au silence — les blessures, les non-dits — peut finir par vous nouer l’estomac, vous donner des migraines ou avoir un véritable impact sur votre corps. Parfois, on s’étonne qu’une personne lâche d’un coup, se sente si faible ou tombe malade alors que cela semble venir de nulle part. Je ne parle pas ici d’un virus attrapé, mais de symptômes que l’on peut appeler psychosomatiques, liés à des choses que tu portes et fais taire depuis bien trop longtemps.

Parfois, tu as fait taire les doutes, les blessures, les questionnements, la fatigue. Tu t’es dit : « Ça va aller, j’avance, je passe au-dessus. » Mais passer au-dessus ne règle pas le problème. C’est comme mettre quelque chose dans une boîte et fermer cette boîte : elle existe toujours, et ce que tu y as mis est toujours dedans. Un jour, elle finit par être saturée. Elle s’ouvre, tout déborde, et ton corps va mal parce qu’en vérité, ton intérieur, ton cœur, va mal.

N’attendons pas d’arriver au stade où notre cœur est tellement down que notre corps se met à crier et nous impose un repos que nous n’avions pas prévu. En général, ce repos imposé, on ne l’aime pas beaucoup, parce qu’il arrive comme une gifle



La troisième chose que j’ai apprise, c’est que Dieu peut s’imposer, tout comme il peut te laisser le temps de venir à lui. C’est un point un peu difficile à aborder, mais je vais essayer de m’expliquer le plus clairement possible.

Prenons l’exemple de Saul de Tarse, à qui Dieu s’est littéralement imposé sur le chemin de Damas. Saul n’est pas venu à Dieu après avoir écouté de nombreuses prédications. Tout à coup, il s’est passé quelque chose qui l’a complètement arrêté, et il a compris que Dieu s’adressait à lui.

Et puis il y a ceux à qui Dieu tend la main en attendant qu’ils reviennent à lui. Je pense au fils prodigue. Je parle souvent de cette histoire sur l’application parce que, pour moi, elle nous rappelle constamment l’amour de Dieu, sa patience et sa compassion. Dans cette histoire, le père a vu son fils foncer clairement dans un mur. Il l’a laissé partir et l’a surtout laissé revenir à lui au moment voulu.

Que l’on pense au fils prodigue ou à Saul de Tarse, appelé ensuite Paul, tous les deux sont revenus à Dieu, mais pas de la même manière. Pendant ces derniers mois, j’ai expérimenté cette facette de Dieu : il m’a laissé revenir à lui tout doucement, comprendre certains enseignements et certains avertissements à mon rythme. Après toutes ces années de marche avec le Seigneur, et après des moments où j’avais trouvé sa manière de faire beaucoup plus virulente, cette fois-ci, j’ai eu le sentiment qu’il me disait : « Je te laisse le temps de revenir. Je te laisse le temps de comprendre certaines choses et de te recentrer sur moi. Je te laisse le temps de revenir dans ma présence, de revenir dans ta chambre, de fermer la porte et de fléchir les genoux. »

Est-ce que cela veut dire que mon état, ma cause ou ma situation avaient moins d’importance pour Dieu parce qu’il prenait son temps pour agir ? Non. Il attendait que je comprenne et que je revienne à lui. C’était différent de ce que j’avais expérimenté auparavant. Je m’attendais peut-être à un Dieu qui viendrait me tirer d’un coup, me saisir d’un coup, faire son « badaboum », et que je revienne ainsi. Dieu peut s’imposer, tout comme il peut te laisser le temps de venir à lui. La finalité, c’est que ton cœur revienne pleinement à lui.

Dernier point avant de terminer cet article : j’ai fini par comprendre que le chaos n’est pas égal à l’absence de Dieu. Je voyais clairement ma vie comme un véritable chantier, un véritable chaos, avec des bâtiments un peu abîmés, certains sur le point de s’écrouler et d’autres encore bien solides. Bref, ma vie était comme une ville avec des disparités : des coins tout beaux, tout propres, et d’autres un peu négligés.

Et pourtant, Dieu était toujours là, au milieu de tout ça. Dieu ne m’a jamais abandonnée ni délaissée. Il n’a jamais dit : « Je sors de ta vie parce que rien n’y est parfait. » Je pense que Dieu sait, bien mieux que nous, que nos vies ne seront jamais parfaites. Ce qu’il attend, c’est que nous apprenions à avoir conscience de sa présence au milieu de tout cela et à compter sur lui pour réparer, améliorer et grandir.

Le chaos n’est pas l’absence de Dieu. J’aime cette pensée parce qu’au milieu du chaos, et même avec le chaos, Dieu peut faire quelque chose d’extraordinaire. Quand on ouvre la Bible au premier chapitre de la Genèse, on lit que la terre était informe et vide. Pourtant, l’esprit de Dieu se mouvait au-dessus des eaux. Il y avait ce chaos, mais la présence de Dieu n’était pas absente. Et c’est à partir de là qu’est né l’univers que nous voyons aujourd’hui. Tu vois ce que je veux dire ? 

Au bout d’un moment, j’avais l’impression, tu sais, que Dieu n’était plus là, qu’il ne pouvait même plus s’associer à moi, que c’était way too much, un désastre. Mais en fait, non. Il m’a rappelé qu’il était là. Dans mes doutes, mes peurs, mes flemmes, mes erreurs, mes questionnements sans relâche et mon désir de tout recommencer.

Ces quatre points mis en lumière pendant ces quatre mois d’absence m’ont fait dire : « Nicolette, tu vois, tu n’as toujours pas abandonné.