Tu as parfois besoin de te retirer
Tu as parfois besoin de te retirer
Nicolette MudiandamboNicolette Mudiandambo
, 05 octobre 2026
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J’espère que tu vas bien. Dans le premier article, je t’ai dit que je n’avais pas abandonné. Mais avant de te raconter ce que ces quatre mois m’ont appris, j’ai besoin de te dire dans quel état j’étais quand j’ai disparu de l’application.

Je n’ai pas décidé du jour au lendemain de faire une pause de quatre mois. Pendant un moment, j’ai continué à avancer, à répondre aux sollicitations, à porter mes différentes casquettes, alors que je sentais bien que quelque chose n’allait pas. Je voulais être présente pour À cœur ouvert, pour l’Église, pour mon travail, pour ma famille, pour mes amis. Ce sont des choses et des personnes qui comptent réellement pour moi. Mais à force de vouloir être présente partout, je n’étais plus vraiment présente pour moi-même.

Il y a eu le surmenage, un passage à l’hôpital, puis cette question à laquelle je ne pouvais plus échapper : comment est-ce que j’en suis arrivée là ? J’avais besoin de m’arrêter, de comprendre ce qui se passait en moi et de retrouver de l’équilibre. J’avais besoin de retomber amoureuse de moi-même, de prendre soin de mon âme, de mon corps et de mon esprit. Et, au milieu de tout ce que je ressentais, je me demandais : qu’est-ce que je fais maintenant ?

Cela fait près de deux ans que cette plateforme existe. Elle prend une vraie place dans ma vie. Pendant ce temps, j’ai repris la vie active, les demandes à l’Église sont devenues plus importantes et j’ai continué à porter mes différentes casquettes. La vie, elle aussi, continuait : les événements de famille, les liens amicaux à entretenir, les choses à organiser. Dans ma tête, tout se mélangeait. Je continuais à faire ce que j’avais à faire, mais intérieurement, j’étais de plus en plus fatiguée.

Ces quatre mois m’ont obligée à regarder les différentes sphères de ma vie en face. À mettre des mots sur ce que je vivais et ressentais. À reconnaître ce qui m’avait blessée, fragilisée ou atteinte, même quand j’aurais préféré continuer à avancer sans m’y arrêter. J’ai aussi dû laisser Dieu m’enseigner, m’équiper, me restaurer et me ressourcer. J’en avais besoin.

Et il ne suffisait pas de prier en espérant que tout rentre dans l’ordre. J’ai prié, j’ai fait confiance à Dieu, mais il a fallu aussi poser des actions : mettre des limites, dire stop, réorganiser ma maison, mes activités, mon emploi du temps et mon quotidien. Il a fallu que je prenne au sérieux cet état de surmenage dans lequel j’étais plongée.

Ceux qui me connaissent, ou qui suivent À cœur ouvert depuis le début, savent que j’aime porter plusieurs casquettes. Je tiens à le dire : personne ne me force à faire ces choses. Je les aime vraiment. C’est aussi pour cela qu’il m’a été difficile de voir que je n’arrivais plus à tout porter comme avant. Être sollicitée avait fini par devenir si lourd que, sans m’en rendre compte, je m’étais oubliée.

Au moment où je vous parle, alors que je suis en train d’écrire cet article, je pense à Jésus. Il était constamment sollicité par la foule et par les disciples, qui avaient mille et une questions : « Maître, peux-tu nous expliquer ceci ? Est-ce qu’il est bon de faire cela ? » Il y avait la foule qui avait faim, qui avait besoin de miracles, qui avait besoin que Jésus se manifeste de toutes ces manières.

Peut-être que toi aussi, tu es très sollicité par ton rôle de maman, d’épouse, d’employé, de responsable à l’église ou d’entrepreneur. On est d’accord : on n’a pas un seul rôle. On en porte tous plusieurs à la fois, et je n’invite personne à minimiser les responsabilités de l’autre. Nous avons tous de lourdes responsabilités. Bien sûr, nous ne sommes pas égaux à Jésus, mais j’aimerais que l’on prenne son exemple.

Il y a quelque chose que Jésus faisait et que nous avons tendance à oublier, alors que nous désirons calquer nos vies sur le modèle de Christ : il prenait le temps de se retirer de la foule. À ce moment-là, il n’était plus en train de guérir, d’enseigner, de nourrir la foule ou de pourvoir à ses besoins. Il se retirait seul, même sans ses plus proches, pour passer du temps avec son Père. C’était un moment de connexion avec Dieu, avec celui qui l’avait appelé à venir sur la terre. Et c’est cela qui est le plus important.

Je m’arrête ici pour aujourd’hui. Je vous laisse ce verset, ainsi que cette question : prends-tu du temps pour te retirer ?

« Vers le matin, pendant qu’il faisait encore très sombre, il se leva, et sortit pour aller dans un lieu désert, où il pria. » — Marc 1:35, Louis Segond.